La semaine dernière, notre CEO Joël Ndombasi publiait une chronique sur le Journal du Net “peut-on salarier dans une société qui s’ubérise ?”. Mais avec recul aujourd’hui, nous nous demandons si au contraire, le modèle auto-entrepreneur d’Uber ne serait pas en train de s'essouffler.

 

Avant de répondre  à cette interrogation, reprenons tout depuis le début ! Uber est une application qui permet de mettre en relation des chauffeurs auto-entrepreneurs et le grand public qui souhaiterait réaliser des courses. Le service a rapidement connu un grand succès et son modèle collaboratif a déclenché une véritable mutation numérique de services en tout genre. Cependant, que se cache-t-il derrière les conditions de travail de ces chauffeurs ?

 

Le 28 octobre dernier, le Tribunal du Travail de Londres a traité la plainte de deux des chauffeurs du géant américain et a en effet découvert un “lien de dépendance” entre eux. Pour la version britannique de l’entreprise, Uber ne serait d’ailleurs pas une entreprise de transport mais une plateforme d’aide au développement des auto-entrepreneurs. Malgré le fait que les chauffeurs peuvent déterminer leurs horaires de travail, la méconnaissance du nom des clients qu’ils transportent, ainsi que de leur destination et du prix de la course, le fait qu’ils peuvent subir des sanctions disciplinaires et encore d’autres faits, remettent en cause ce statut au profit du statut de salarié. C’est ce qu’a en tout cas dénoncé le Tribunal requalifiant ces deux chauffeurs de salariés. Uber devra ainsi leur accorder des pauses et des congés payés ainsi que leur payer le salaire minimum. Mais ce n’est pas tout ! La sanction pourra être transposable aux 30 000 autres chauffeurs si jamais ils souhaiteraient agir en justice.

 

En France, le combat des auto-entrepreneurs débute aussi mais cette fois-ci du côté de l’application LeCab qui est équivalente à celle d’Uber. L’un de leurs chauffeurs vient en effet d’être requalifié en salarié par le Conseil des Prud’hommes de Paris. Trois points ont été énoncé par le demandeur pour justifier sa position : un contrat d’exclusivité a été imposé par l’entreprise, des créneaux horaires étaient implicitement imposés et la discipline stricte de LeCab l’empêchait d’accéder à l’application s’il n’acceptait pas une course durant un certain délai. Le juge s’est simplement appuyé sur cette notion d'exclusivité pour prendre sa décision. Selon lui, cette contrainte contractuelle allait directement à l’encontre de la liberté d’un entrepreneur.

 

Hier encore, des chauffeurs Uber manifestaient contres les pratiques de l’application dans les rues de Paris. Ces différents évènements entraîneront sans aucun doute des répercussions sur l’économie collaborative et nous permet d’imaginer que le modèle auto-entrepreneur va connaître ces derniers jours.